Discurso do Representante Permanente, Embaixador Sérgio França Danese, em debate aberto do Conselho de Segurança das Nações Unidas sobre o tema "Enquadrando o diálogo global: abordando a insegurança alimentar como um fator de conflito e garantindo a segurança alimentar para uma paz sustentável" - 17 de novembro de 2025 (texto em inglês e francês)
Statement by the Permanent Representative of Brazil to the United Nations, Ambassador Sérgio França Danese, at Security Council Open Debate on Conflict related food insecurity
November 17th, 2025
Mr. President,
I thank Sierra Leone for convening this open debate on a matter of critical importance to the international community. I also thank the briefers for their valuable insights.
Brazil aligns itself with the intervention to be presented by Guinea-Bissau on behalf of the Community of Portuguese-Speaking Countries.
On the day of his election, President Lula affirmed that our most urgent commitment is to end hunger. This commitment extends beyond our borders and reflects a longstanding pillar of Brazil`s foreign policy.
The state of global food insecurity, particularly in conflict-affected countries, is alarming. According to the "2025 Global Report on Food Crises", over 295 million people faced high levels of acute food insecurity. This marks the sixth consecutive year of increase.
We cannot ignore the broader verdict delivered by the 2025 SOFI report: 670 million people still go hungry, and 2.3 billion face food insecurity. These numbers reflect a collective failure of the international community. In Gaza and Sudan, among other places, we have seen the use of starvation as a method of warfare. This cannot be accepted and must not be normalized.
Overcoming these challenges is impossible without genuine multilateral coordination. In 2024, Brazil launched the Global Alliance against Hunger and Poverty, a coalition that today has more than 200 partners, including 105 countries. The Alliance aims
to support large-scale, country-led implementation of proven public policies to fight hunger and extreme poverty, including in conflict-affected settings. It seeks to align political will, financing and knowledge around a single, shared goal: the eradication of hunger and poverty. This is the only war in which we can all emerge victorious.
But winning it requires confronting some inconvenient truths. We must reorient our priorities away from escalating militarization, and towards investing in sustainable food systems, inclusive development and social protection.
Mr. President,
The picture is even grimmer in countries affected by conflict. Armed conflicts continue to be key drivers of hunger and food insecurity, trapping populations in deteriorating conditions. Overcoming
this challenge requires international action and political will.
The best way to prevent hunger and malnutrition in the long term is to strengthen national capacities to prevent crises and respond to shocks. We must also ensure that member states have the capacity to build resilient agri-food systems and markets, for example by eliminating barriers to food trade and ensuring universal access to social protection.
We also need a broad-based coalition of actors engaged in preserving and promoting food security. Regional and local organizations, such as the AU and the CPLP, with context-specific knowledge on the dynamics of affected populations and agri-food systems, must be included in these discussions.
Financing must be mobilized at scale to address both urgent needs and structural vulnerabilities.
Mr. President,
International humanitarian law strictly prohibits the starvation of civilians as a method of warfare and grants special protection to objects indispensable to the survival of the civilian population, including food crops, livestock, and other essential resources necessary for food production.
Repeated violations, as those seen in Palestine, infringe our collective commitment to humanitarian law. Those violations must be firmly condemned and addressed with appropriate accountability measures. Humanitarian needs must be met in an unimpeded and impartial manner, and the Security Council must use its political capacity to advance solutions that ease conflict-induced food insecurity.
Mr. President,
Our collective response to this challenge must involve the three pillars of the UN.
Efforts must be intensified to expand technical assistance, reform trade mechanisms, and ensure financing for market access, climate-resilient agriculture, and sustainable development and inclusive recovery. Strengthening partnerships among governments, international organizations, the private sector, and communities is vital to scaling up these solutions – the Global Alliance may be a platform to catalyze these efforts, bridging action across the humanitarian, development, and peace pillars.
Brazil will remain fully engaged in these fronts and continue to be a firm advocate of the right of every person to sufficient, nutritious and adequate food.
I thank you.
___________________________________________________________
Déclaration du Représentant permanent du Brésil auprès des Nations unies, Ambassadeur Sérgio França Danese, au débat public du Conseil de sécurité sur l'insécurité alimentaire liée aux conflits
17 novembre 2025
Monsieur le Président,
Je remercie la Sierra Leone d'avoir convoqué ce débat public sur une question d'une importance capitale pour la communauté internationale. Je remercie également les intervenants pour leurs précieuses contributions.
Le Brésil soutient l'intervention que présentera la Guinée-Bissau au nom de la Communauté des pays de langue portugaise.
Le jour de son élection, le Président Lula a affirmé que notre engagement le plus urgent est d'éradiquer la faim. Cet engagement dépasse nos frontières et constitue un pilier fondamental de la politique étrangère brésilienne.
La situation de l'insécurité alimentaire mondiale, en particulier dans les pays touchés par les conflits, est alarmante. Selon le « Rapport mondial 2025 sur les crises alimentaires », plus de 295 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë et grave.
Il s'agit de la sixième année consécutive d'augmentation. Nous ne pouvons ignorer le constat alarmant du rapport SOFI 2025 : 670 millions de personnes souffrent encore de la faim et 2,3 milliards sont confrontées à l’insécurité alimentaire. Ces chiffres témoignent d’un échec collectif de la communauté internationale. À Gaza et au Soudan, entre autres, nous avons constaté l’utilisation de la famine comme arme de guerre. C’est inacceptable et ne doit en aucun cas être normalisé.
Relever ces défis est impossible sans une véritable coordination multilatérale. En 2024, le Brésil a lancé l’Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté, une coalition qui compte aujourd’hui plus de 200 partenaires, dont 105 pays. L’Alliance vise à soutenir la mise en œuvre à grande échelle, sous l’égide des pays, de politiques publiques éprouvées pour lutter contre la faim et l’extrême pauvreté, y compris dans les zones de conflit.
Elle cherche à mobiliser la volonté politique, les financements et les connaissances autour d’un objectif
commun : l’éradication de la faim et de la pauvreté. C’est la seule guerre dont nous pouvons tous sortir victorieux.
Mais pour y parvenir, il nous faut affronter des vérités dérangeantes. Nous devons réorienter nos priorités, en nous détournant de la militarisation croissante et en investissant dans des systèmes alimentaires durables, incluant le développement et la protection sociale.
Monsieur le Président,
La situation est encore plus sombre dans les pays touchés par un conflit. Les conflits armés demeurent des facteurs clés de la faim et de l'insécurité alimentaire, piégeant les populations dans des conditions de vie qui se détériorent. Relever ce défi exige une action internationale et une volonté politique forte.
Le meilleur moyen de prévenir la faim et la malnutrition à long terme est de renforcer les capacités nationales à prévenir les crises et à réagir aux chocs. Nous devons également veiller à ce que les États membres aient la capacité de construire des systèmes et des marchés
agroalimentaires résilients, par exemple en éliminant les obstacles au commerce des produits alimentaires et en garantissant l'accès universel à la protection sociale.
Nous avons également besoin d'une large coalition d'acteurs engagés dans la préservation et la promotion de la sécurité alimentaire. Les organisations régionales et locales, telles que l'UA et le CPLP, qui possèdent une connaissance approfondie du contexte et de la dynamique des populations et des systèmes agroalimentaires touchés, doivent être associées à ces discussions.
Des financements doivent être mobilisés à grande échelle pour répondre aux besoins urgents et aux vulnérabilités structurelles. Monsieur le Président,
Le droit international humanitaire interdit formellement la famine des civils comme méthode de guerre et accorde une protection spéciale aux biens indispensables à la survie de la population civile, notamment les cultures vivrières, le bétail et les autres ressources essentielles à la production alimentaire.
Les violations répétées, telles que celles observées en Palestine, contreviennent à notre engagement collectif envers le droit humanitaire. Ces violations doivent être fermement condamnées et faire l'objet de mesures de responsabilisation appropriées. Les besoins humanitaires doivent être satisfaits sans entrave et de manière impartiale, et le Conseil de sécurité doit user de son influence politique pour promouvoir des solutions permettant d'atténuer l'insécurité alimentaire engendrée par le conflit.
Monsieur le Président,
Notre réponse collective à ce défi doit s'appuyer sur les trois piliers de l'ONU.
Il est impératif d'intensifier les efforts pour développer l'assistance technique, réformer les mécanismes commerciaux et garantir le financement de l'accès aux marchés, d'une agriculture résiliente face au changement climatique, du développement durable et d'une relance inclusive.
Le renforcement des partenariats entre les gouvernements, les organisations internationales, le secteur privé et les communautés est essentiel pour amplifier ces solutions ; l'Alliance mondiale peut servir de catalyseur à ces efforts, en assurant la coordination des actions entre les piliers humanitaire, de développement et de paix.
Le Brésil restera pleinement engagé sur ces fronts et continuera de défendre fermement le droit de chaque personne à une alimentation suffisante, nutritive et adéquate.
Je vous remercie.